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Le confort d’été à l’aune des canicules - 30/07/2026

 

De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’inadéquation entre une étiquette de performance énergétique bien notée et un confort d’été réellement adapté aux risques de surchauffe. En cause : un réchauffement climatique qui multiplie les épisodes caniculaires, lesquels durent de plus en plus longtemps et se renouvellent à des intervalles de plus en plus courts.

Quand le climat oblige le politique à l’action
 

Récemment, une réunion s’est tenue avec l’une des directions du ministère de l’écologie (DHUP), consacrée à l’adaptation du bâti neuf au confort d’été et intitulée « Concertation sur la prise en compte du confort d’été dans la construction neuve ».

les logements actuels sont inadaptés face aux épisodes caniculaires. À l’heure actuelle, le renouvellement du parc immobilier par la construction neuve ne concerne qu’environ 1 % du parc existant chaque année. Autant dire que se concentrer uniquement sur le confort d’été dans le neuf n’est absolument pas à la hauteur de l’enjeu. Il est certes nécessaire, mais pas l’une des priorités qu’on serait en droit d’attendre pour les logements.

 

Le GIEC et la TRACC dans la continuité du réchauffement climatique

Les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sont sans ambiguïté : l’augmentation des gaz à effet de serre d’origine humaine est responsable de la hausse de fréquence et d’intensité des vagues de chaleur. En France, leur nombre est passé d’un été sur cinq avant 1989 à une occurrence quasi annuelle depuis les années 2000, avec des épisodes qui apparaissent désormais plus tôt en saison, parfois dès la mi-juin, et qui peuvent se prolonger jusqu’en septembre.

C’est dans ce contexte que la France s’est dotée d’une trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, la TRACC, qui fixe des repères communs à tous les acteurs pour anticiper les risques : +2 °C dès 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C à l’horizon 2100 pour la métropole. Publiée par le ministère de la Transition écologique, cette trajectoire a acquis une existence juridique avec le décret du 23 janvier 2026 qui l’intègre au code de l’environnement. Elle a vocation à devenir la référence de toutes les politiques d’adaptation, y compris dans le bâtiment.

L’oubli ou la difficile conciliation du bâti existant

C’est donc bien vers le bâti existant qu’il faut regarder : c’est l’axe d’amélioration le plus important, à la fois en volume et en urgence. Concentrer les efforts de transformation du parc existant sur l’adaptation aux futures canicules est loin d’être une mauvaise idée. Aujourd’hui, l’indicateur de confort d’été retenu se décline en trois niveaux : insuffisant, moyen, bon.

Mais ces indicateurs sont déjà dépassés. On s’en rend compte simplement en réalisant des DPE en pleine période caniculaire : si le logement n’est pas équipé d’un système de rafraîchissement, et qu’il ne bénéficie pas non plus des atouts du bâti ancien — murs épais offrant une forte inertie thermique, parois en contact avec le sol —, tenir devient très difficile.

Une idée principale débattue pendant cette réunion

Avec un certain étonnement, les représentants de l’administration ont longuement interrogé la question du rafraîchissement par brasseur d’air. Des études montrent que cette solution, pourtant économique et sobre, a été très peu mise en œuvre dans le cadre de la RT 2012, et à peine davantage dans celui de la RE2020. Une question a suscité une pointe d’agacement collectif : pourquoi une solution aussi simple et peu coûteuse peine-t-elle autant à s’imposer ?

Une partie de la réponse tient au bâti lui-même. Dans les logements collectifs, la hauteur sous plafond standard de 2,50m pose problème pour l’installation de brasseurs d’air classiques : il faudrait a minima une HSP de 2,80m, ce qui représente une contrainte économique supplémentaire, ou se tourner vers des modèles extra-plats, pour lesquels une HSP de 2,30 m est alors normalement suffisante.

Et le DPE dans tout ça ?

Certains parlementaires, notamment parmi les plus critiques à l’égard du dispositif, dénoncent régulièrement et avec insistance l’inadéquation entre le résultat d’un DPE et le confort d’été réellement vécu dans le logement — en particulier pour les biens classés A ou B. Le sujet est d’autant plus sensible que l’avenir même du DPE pourrait se jouer à l’occasion des résultats de la prochaine élection présidentielle. De son côté, le ministre a annoncé la création d’un nouvel indicateur de confort d’été. Une annonce ? Mais quelles solutions ?

Entre urgence climatique, indicateurs à revoir et parc existant largement délaissé, la question du confort d’été ne fait donc que commencer à s’imposer dans le débat public. Reste à savoir si les prochaines décisions réglementaires sauront enfin regarder au-delà du neuf.


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